A la croisée d’autres chemins

Un chemin plongé dans l’obscurité de la nuit tombante. Seuls les lampadaires éclaboussent telles des taches le sol de leur lumière. Aucun bruit ne vient déranger les dernières feuilles de l’automne qui s’aiment à bruire et frissonner: comme les murmures d’anciennes histoires, d’anciens souvenirs dansant et vacillant dans le froid polaire.

Pas à pas, des milliers de souvenirs envahissent mon esprit: ces jours et ces nuits passés un crayon à la main ou les mains collées au clavier, les tasses de thé, les journées grises et cotonneuses, ces tourbillons d’images trop rapides pour en capter l’essence de vies, ces idées toujours par centaines, et aussi ces nuits où le ciel dégagé laissait apparaître ces pâles points brillants et lointains… parfois des heures à les regarder sans parler…juste comme ça observer et perdre la notion de sa personne, sa vie.

D’autres images encore, celles d’une lampe de chevet à des heures impies de la nuit, toujours un crayon en main à tomber de fatigue, peu importe. Les rayons du soleil entre ces arbres presque familiers, le chant des oiseaux quand on ne s’y attend pas, peut être un tic tac et du sable, des associations d’idées sans vraiment d’ordre, des images, des sensations… une mélodie…peut-être celle qui m’habite et me pousse à toujours coucher plus vite les mots pour n’en laisser passer aucun.

Et puis, se retrouver soudain sur ce chemin… seulement quelques mètres plus loin, alors que j’en étais à des kilomètres. Les mots, les images, les idées et la musique ont ce pouvoir magique, presque aussi analgésique et anesthésique, de former des associations qui mènent loin, loin, ailleurs… à la croisée d’autres chemins.

The Cinematic Orchestra – “Arrival of the birds” & “Transformation”

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Don’t stop to hold my hand

Une nuit imbibée des lumières citadines, et la pluie qui se mêle au rendez-vous.

Douceur et chaleur – un sourire.

Dans un ailleurs – un ailleurs insaisissable – grisant.

Des notes et des gestes – une partition d’un soir – un accord merveilleux … et les soupirs et sourires pour tout lier.

La brume et l’obscurité, les notes apaisantes et bouleversantes, un brin d’envie, un moment à part.

Le « si bémol»  – du  navire en détresse – qui résonne, l’eau qui ruissèle entre les feuilles jaunes et or, le silence d’un soir, sa présence …

Don’t stop to hold my hand.

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Mon aparté

“I was writting when tears came”. Belle application d’une leçon anglaise quand peu à peu le silence du soir s’installe. Silence entrecoupé de quelques grésillements parasites. La chaleur du chauffage électrique à défaut de ses bras, de sa chaleur.

“Je n’ai pas eu ma dose de bonheur, mon aparté de bien être”.

Et plus le temps avance, plus il y a ce vide… un peu comme des abîmes. Grisant. Effrayant. Tourner en rond. Vouloir gommer cette image terne quand il n’est pas là. Chercher sur chaque visage à trouver le sien. Chercher à entendre sa voix, et l’entendre dire “ma chérie”.

Chaque jour supplémentaire comme une victoire. Rien d’acquis. Rien de définitif. Et cette peur alors qui naît: celle de le voir s’éloigner et partir.

“Aimer, c’est perdre le contrôle” Paul Coelho

“You will never know” Imany

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Là, simplement.

L’encre de la plume fige chaque mot à mesure que les pensées, longtemps en-cadenassées, s’écrivent.

Tout déconnecter. Se perdre quelques instants dans une légèreté apaisante et que tout paraisse des heures.

Entendre, sentir, toucher, regarder et goûter à une pépite de bonheur. Ne pas trop savoir quoi dire – marque de fabrique – ou si, perdre ses mots. Toujours – parce qu’il y en a toujours des flots qui bouillonnent sans trop savoir dans quel sens franchir le seuil de la parole. Juste se savoir être bien, très bien même, comme rarement. Là, simplement. Ni plus ni moins, “pas à pas”.

Troublée. Perdue. Paumée oui. Heureuse aussi. Inquiète.

Mais certaine d’une chose: ne rien regretter.

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La comptine

Un message. Et tout lâcher. Courir jusque dehors, et à l’aveugle trouver la clé de cette boîte pour y découvrir ce qui fait descendre les marches quatre à quatre. Et le sourire : réminiscence de tant d’autres.

Depuis ce début d’année, ça n’a pas été facile tous les jours pour chacune de nous deux. Les hauts, les bas. Bien plus grands que ceux des autres années.

Et tu vois, dans tout ça tu as été toujours là. Tout comme j’espère l’avoir été pour toi. Ces messages de nuit, messages d’alerte. Ces éclats de miroir. Tu m’as toujours comprise, ou peut-être me suis-je toujours plus confiée à toi qu’à quiconque. Tout te dire, parce que tu n’avais pas de jugement… et même si tu en avais un, peu importe… je t’ai depuis longtemps légué ma confiance, en aveugle.

Il y a des images qui parfois reviennent …

Et parfois, quand à nouveau passe sous mes yeux “La comptine” des champs de blés, alors … je repense à tous ces moments. Mais aussi aux suivants. Un jour je viendrais te voir là-bas. Là-bas dans cette ville de lumière.

L’écrire, encore une fois. Même si tu le sais. Whatever happens <3

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Les battements du métronome

Les battements lents du métronome et quelques notes de piano. A chacun de ces mouvements, la vie s’écoule.

La bougie de ce soir, petit à petit, se meurt. Et le monde environnant devient un peu flou tandis que dansent à nouveaux d’anciens souvenirs. Des images qui tournent et tournent, et la pluie n’a pas atténué l’intensité. Ce soir, l’orage m’y rappelle. Et alors, le sommeil fuit. Ces images qui ne cessent de tourner, et tourner encore et encore.

Être sincère avec soi-même, c’est ne rien se cacher. C’est revenir sur ces images, ces notes, ces impressions…

Les battements lents du métronome ralentissent encore et encore tandis que le ressort du mécanisme se distend.

La torpeur se chargera du reste, jusqu’à la prochaine fois qui à nouveau sans prévenir te renverra en arrière.

S’endormir.

 

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Nothing deliberate

Un soir.  Deux évidences. Trois insomnies. Rien de prémédité.

Quand l’âme est lourde, que chaque respiration est douloureuse. Aveugle. Perdue dans un chemin sombre, tortueux.

Pourtant. Il y avait eu ce flash. Un jour.

Et puis ce soir là, j’ai compris. Vivre ainsi ? Non, ça ne peut durer.

Et envisager l’avenir plus léger, moins oppressant… et se laisser imprégner de cette légèreté.

And you.

Rien de prémédité. Trois insomnies. Deux évidences. Un soir…

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“Solution of Morphine Tartrate”


 

“Think not only upon their passing

Remember the glory of their spirit”

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L’échappée !

Chers vous… Compagnons de jeunesse, Compagnons d’échappées, Compagnons d’espoir et de rêve, Compagnons de rêveries éveillées, Compagnons de mes jours et nuits, Compagnons du silence de l’immensité de l’univers, Compagnons d’imagination, Compagnons de ma solitude, Compagnons de mon cœur,

Faire le compte serait vertigineux… le nombre d’heures incalculables, ces heures que je passais à vos côtés, pour fuir un monde où, au fond de moi, je ne me sentais pas en adéquation. J’ai souhaité des centaines de fois vivre “ailleurs”, et un peu comme une drogue, je suis devenue dépendante de vous tous… Vous m’aidiez à aller mieux, à grandir, à avancer, à oublier le présent…

Face aux questions, aux incertitudes, aux angoisses, à l’absurdité de la vie parfois, mais aussi face à la banalité de ma propre vie, vos mondes m’étaient de précieux  refuges.

Je ne saurais dire précisément à quel moment, j’ai basculé avec vous… la fin de mon enfance … jusqu’à l’entrée dans le monde adulte… -  et plus encore? -

Les meilleurs moments étaient probablement, dans la nuit impénétrable, quand aucun bruit ne résonnait… où alors, plus aucune barrière ne m’empêchait de vous rejoindre. J’étais avec vous tous… dans tous vos royaumes. Et quand épuisée, les paupières lourdes, je trouvais tout juste la force d’éteindre la petite lampe… et que je laissais les mots et l’imagination couler en moi… ces moments là avaient quelque chose d’indescriptible, de magique presque. Parce qu’alors j’étais en paix avec moi même, avec le monde presque…

Totalement dévouée au genre qui vous regroupait tous, j’ai tenté alors à mon tour de créer de plus ou moins pâles répliques empreints de vos caractères, un grand mélange pas très clair… jusqu’à l’idée un soir de mai. Mais toujours, les mots de vos créateurs… m’ont bercé, environné. Parce que vous faîtes tous partis d’une longue partie de ma vie. Et je ne saurais jamais remercier vos créateurs de m’avoir permis de m’échapper. Toutes ces échappées vers des ailleurs, des “over there”… si proches mais aussi terriblement inaccessibles quand nos pieds retrouvent la terre ferme.

L’échappée !

Vous m’avez aussi rendue un peu différente de celle que j’aurais pu devenir. Un peu solitaire, un peu lointaine aussi… “Faut quitter ton monde!” me disait-on certains jours.

Rien à fiche! Vous êtes une partie de moi quoiqu’il en soit.

Je ne sais de quoi demain sera fait, et même si mes choix m’ont éloigné de vous … rien de m’empêche de rêver. Et il suffit de laisser libre cours à mes pensées pour fuir et vous retrouver, même si je n’ai plus le temps de boire tous ces mots. S’échapper un peu, s’inventer des histoires dans les moments de solitude lors de long trajets, dans les transports en commun, en marchant dans la rue…

De ça, toujours le temps : laisser les pensées s’échapper, inventer, broder, rêver…. être libres!

Alors, merci à vous chers Compagnons! A jamais!

 
“Tout le monde doit mourir [...]. C’est la façon de vivre qui compte. Nous n’aurons qu’une vie, tous autant que nous sommes. C’est pour ça que chaque seconde est importante.”
“La vie est dangereuse, tout esprit lucide le sait, et il se peut très bien que nous échouions. C’est le terrible privilège de la liberté. Et peut-être ce qui fait sa grandeur…”
“profitez de la vie ou jetez-la aux orties”
“Votre vie vous appartient. Redressez-vous fièrement et vivez-la jusqu’au bout!”
T.G

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“I needed you”

Puggy – “How I needed you”

 

(16.06.2011 – Place Courtonne- Caen)

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