S’oublier
Je ne demande que la torpeur, la léthargie …pour l’oubli….Dans les brumes d’un demi-sommeil délirant, les yeux lourds comme le cœur.
Enfouie entièrement sous la couette, à se laisser dériver, à se laisser chavirer.
Lâcher tout.. faire couler son navire, oublier, s’oublier. Se cacher dans l’oubli pour fuir les affres de la douleur. Oublier qui l’on est et s’enfermer dans ce vide… ce vide, le seul capable de nous faire oublier. Désirer ce vide et désirer tout abandonner, désirer oublier…oublier surtout.
Se laisser porter par la vagues, ne plus lutter contre vents et marées, se laisser dériver… dériver pour oublier. Dériver loin de tout, tout en coulant. Oublier, s’oublier.
Toucher le fond…pour ne pas tomber plus bas, toucher le fond si lointain, mais oublier avant il faut, s’oublier pour ne plus penser, mentir, se mentir.
Oublier ses douleurs et ses peurs, oublier la honte de soi, oublier qu’on existe, oublier que l’on n’est pas à la hauteur.
Fuir dans des contrées lointaines peuplées d’échos, suivre la musique qui vous guide dans ce vide.
Fuir et oublier pour s’oublier et ne plus se détester. Déambuler dans des lambeaux de brouillard, vides et inexplorés. Aimer ce vide, cet oubli, cette sensation. Aimer s’oublier.
S’oublier et se trahir encore plus soi-même; et s’oublier encore plus et quitter l’ havre brumeux. Prendre un bateau et voguer, voguer sur l’eau ténébreuse du Léthé. Fuir soi-même et ses responsabilités, fuir sa vie, se fuir. Chavirer en haute mer et se laisser dériver…dériver lentement puis couler. Voir le ciel s’éloigner pour plonger dans les ténèbres, oublier qui l’on est … s’oublier
mai 9, 2008