…A me laisser hanter…
Incessant rêve, qui chaque nuit revient me hanter…. A pas de velours, comme le fantôme d’un être cher, chaque nuit il revient. Avec ces douleurs et ces cris, ces larmes et ces peurs, avec l’angoisse, toujours. Je ne puis me libérer. Comme enchainée à ce paquebot qui sombre au large, je laisse l’eau de mer emplir mes poumons, je me laisse dépérir, la lutte serait vaine. Et quand, par miracle j’émerge de ce sommeil, et que ce rêve ne devient plus qu’un mauvais souvenir lointain… je réalise que le lendemain aura le même goût : amer, piquant et terriblement angoissant. Je ne sais où errer en journée lorsque la conscience m’assaille au tribunal. Je n’ai rien pour ma défense. C’est MA faute.
Je ne sais comment tout est arrivé, ou peut-être est-ce que je ferme les yeux dessus … parfois il vaut mieux rester aveugle pour ne pas voir, pour ne pas se voir … ce reflet dans le miroir vous sourire gauchement, avant que ce sourire ne s’étire en grimace. Evitez les miroirs, évitez de devenir superstitieux… ni pièce de monnaie, ni de compte jusqu’à dix, ni marcher un carreau sur deux… de toute manière ça ne fonctionnerait pas.
Et tandis que je me prépare à monter à l’échafaud, tandis que je me rassure de ces mille petits mots futiles, tandis que je me dis que c’est n’est pas grave…. J’en pense tout le contraire. C’est grave, grave pour moi, vraiment. Parce que jamais, non jamais, la défaite n’a été mienne, parce que jamais je n’ai perdu un si grand match, parce que jamais …jamais je n’ai autant joué ma vie que cette année.
Mes larmes, mon angoisse, rien n’y fera lorsque la sentence tombera. Ce sera ainsi, et pas autrement. Je ne pourrais rien changer cette fois-ci. Rien. Il me faudra apprendre à surmonter, à être forte, à relever la tête, à ne pas faire semblant… Ce n’est pas facile. Rien n’est facile. Rien n’est donné. La vie continue même si tu rates un train. Elle continue que tu en loupes un, deux, ou trois. Au prochain qui passera, il me faudra m’agripper le plus fort possible, et si possible rester dedans, pour rejoindre une nouvelle destination, changer de quai… et attendre un nouveau train. Pour le moment, je reste, seule sur ce quai, la tête dans ce ciel gris….gris comme mon cœur…à me laisser hanter…
mai 30, 2008