Like a goldfish

Posted On mai 20, 2009

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« -Oh, regarde, tout est si calme ! Isil ? Pourquoi tu ne me réponds pas ? »

Tout était tellement calme, trop calme pour être vrai car plus rien ne bougeait tout autour de moi. L’arbre sous lequel j’étais assise à côté d’Isil laissait la lumière percer entre son feuillage.

Et même le soleil était froid et aucune odeur d’herbe ou de terre. Seulement un paysage comme figé, comme s’il s’agissait d’une photo.

Isil s’est levée et je l’ai suivi jusqu’à une petite tombe blanche brillante par l’éclat du soleil. Et, dessus, une petite plaque, avec mon prénom et mon nom.

« -Alors c’est ça être mort ? M’écriais-je en réalisant que je ne rêvais pas. »

Ne plus rien sentir, ne plus rien entendre. J’ai voulu prendre Isil dans mes bras, mais je me suis alors rendu compte que je n’avais plus alors ni bras, ni aucune partie corporelle. Je n’étais pas. Et pourtant, j’étais là avec elle. Et ça avait l’air si réel. Mais pourquoi pouvais-je voir alors ?

Et puis, ça a changé de décors, un autre cimetière, du vent que je ne sentais pas et des feuilles mortes. Isil toujours.

« I’ll be always here for you, whatever happens »

Et moi, je continuais de penser, mon âme, ma conscience, mon esprit ? Je ne le sais. Mais je me plais à croire que de mes atomes pensifs se sont accrochés à Isil, et à tout ceux que j’aime  et que je me trouve tous les jours à leur côté… même si les images que je me fabrique sont fictives. Je sens seulement leur présence à mes côtés ; ou plutôt je reste près d’eux.

Et comme un poisson rouge qui perd la mémoire toutes les minutes, je recommence toujours à sentir la même chose, à les sentir près de moi sans pouvoir les toucher, leur parler, ni même les voir.

Des images fictives, des atomes pensifs mais une sensation de présence. J’aime croire que la mort ressemble à ça.

Whatever happens, I’ll be here for you Isil.

Le vide au creux du ventre – (‘cuz, I’ve ever too)

Posted On novembre 8, 2008

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La petite fille brune regarda le garçonnet juché sur la charrette tirée par deux chevaux. Il était debout, sa tignasse châtain encadrant un visage marqué d’un sourire étrangement triste. Il souriait à la petite fille.

Celle-ci, tandis que la charrette s’éloignait petit à petit, plaqua ses doigts sur ses lèvres. Mais elle ne put détacher ses doigts pour envoyer son baiser. Elle resta donc comme ça, les doigts sur les lèvres, jusqu’à ce que la charrette disparaisse…

[...]

La jeune femme arriva sur la grève où des centaines de personnes attendaient de prendre le B.F (un bateau). Elle marchait entre les différents petits groupes de personnes pour se réchauffer.

Et soudain, son regard croisa celui d’un jeune homme qui attendait avec l’un de ses amis.

Et du plus profond de sa mémoire rejaillit un souvenir qu’elle avait depuis longtemps oublié. Celui de deux enfants se quittant pour des raisons de grands.

Et parce qu’il y a des choses qui ne peuvent marquer qu’une seule personne, le jeune homme se rappela la petite fille aux boucles brunes, celle aux petits doigts collés contre sa bouche.

Et sans savoir vraiment, ou peut-être parce qu’un passé fort crée de ces atomes électroattracteurs… en tout cas, elle l’entoura de ses bras, à moins que ce ne soit lui… (l’histoire ne le dit pas).

Et c’est alors, qu’elle ressentit au plus profond d’elle, une sorte de “vide au creux du ventre“, mêlé à une sorte de chaleur diffuse, le cœur qui se met à tambouriner si fort qu’elle craignait qu’il n’explose, des myriades de papillons, une sorte de feu d’artifices intérieur à la fois douloureux et tellement fascinant…une confusion des sensations, une hypersensibilité:…son odeur, la douceur de ses cheveux châtains, la force de son étreinte, sa respiration haletante comme s’il venait de courir sur plusieurs kilomètres, son souffle dans sa nuque, et aussi sa main dans ses mèches brunes.

Tandis qu’elle se perdait dans les méandres des sensations où le maître mot était “confusion” et tandis qu’il ne savait plus trop ce qu’il ressentait… tous deux partageait une même conviction (encore muette)…

Était-ce un baiser non envoyé ou un “je t’aime” non prononcé? L’histoire ne le dit point, et laissons la confusion règner…. tout au moins jusqu’à ce qu’ils, ce bateau, prennent …et s’aiment…