Jalouse à en crever
Je t’ai cherché des yeux toute la soirée
…et lorsque je t’ai vu danser… avec cette fille
…j’ai senti mon monde… s’effondrer.
J’avais jamais ressenti ça comme ça avant, une douleur diffuse à travers tout le corps : la déception, le désarroi, l’abattement et le vide.
Je ne m’attendais pas à ça (même si j’aurais dû )… mais voilà… je dois me graver dans le crâne que tu ne ressens plus rien pour moi.
Je t’ai cherché des yeux toute la soirée, et lorsque je te trouvais je ne cessais de te regarder… et d’imaginer des trucs.
But End of My World…
Putain, ça fait mal. Maintenant, j’ai les réponses à mes questions….oui oui oui tu m’attirais encore. Et je ne devrais pas conjuguer à l’imparfait.
Putain! Tu me plais!!!
15.10.09 – - 04h00… les idées plus très fraîches et les mots imparfaits

“[...] et l’odeur du café”
Il y a des lieux, des moments de sa vie que l’on peut associer à une chanson, un film, une odeur, ou un vêtement encore.
C’est étrange, mais ici… résonnent des tas de souvenirs-clés. Je commencerai par le soir, lorsque la lumière d’une lampe de chevet projette une lueur orange dans toute la pièce…. ambiance calme, solitude…. ça a quelque chose de spécial les soirées là-bas.
Puis, il y a le matin… le jour qui perce à travers le volet roulant…
Le bruit du sèche-cheveux et l’odeur du parfum “Absolutely Irresistible”. Il y a cette étole bleue, ou l’écharpe rouge. Et la paire de converse.
Puis, il y a la sérénité et la solitude du soir… lorsque l’on rentre de sa journée. Le silence de l’appartement et l’odeur du café parfois joint d’un carré de chocolat (Lindt parce que je le préfère).
Il y a ce générique d’une série américaine “If you need, you need me to be with you I will follow where you lead”… qui résonne encore ici…même quand le silence est là.
Mais l’on ne s’en rend compte que lorsqu’on revient… parce qu’alors remontent de vieux fantômes… Mon fantôme.
Parfois je me demande qu’elles ont été les personnes avant moi, leur vie… et qui passera après moi. Mais je n’arrive pas à imaginer. J’ai l’impression que cet endroit est à moi, mon endroit, “my place”… avec tous ses défauts…, mais mon coin à moi.
Ce lieu a vécu sans doute de nombreuses histoires… et alors que le nuit tombe… rode encore mon ombre dans la lueur jaune orangée.
Mais
juillet 15, 2009
Classé sous higgledy-piggledy, pensées, souvenirs de vie, °¨Lettres non postées¨°
Le train s’est arrêté dans une toute petite gare. Minuscule. Pas un abri. Rien hormis une plateforme bétonnée et un banc. Un banc.
Le soleil m’éblouissait. A faire grimacer.
Tu attendais, assis sur le dossier du banc. Ou plutôt : quelqu’un attendait assis sur le dossier du banc. Car pour tout dire, je ne te connaissais pas. Non. Seulement ton nom et la campagne où tu vivais. Point. Je t’ai imaginé durant tout le trajet en train, c’est-à-dire pendant une demi-heure. Grand, petit, blond, brun, bien habillé, mal habillé. Je me demandais à quoi tu pouvais bien ressembler… et il faut l’avouer, ça m’a beaucoup intrigué. En fait, tu m’as toujours intrigué depuis que je connais ton existence. Ou plutôt, tu m’as toujours intrigué depuis que je sais que nous partagions un point commun. Alors, je t’ai imaginé tous les airs. Mais j’étais bien loin de la réalité parce que j’avais fini par m’arrêter sur une image complètement fausse : grand, brun, introverti, et inintéressant.
En fait, tu avais les cheveux blonds avec des reflets encore plus clairs. Sans doute le soleil. Les yeux bleus. Intensément bleus. J’avais jusqu’ici croisé très peu de personne avec un regard bleu aussi « pénétrant ». Ca se comptait sur les doigts de la main. Tu en fais parti maintenant. Et un sourire… comment dire « ravageur » ? Un très beau sourire : franc avec de jolies dents. Pour tout dire, tu étais incontestablement craquant.
Mais.
Tu t’es levé : sept centimètres de plus que moi. Décidément mon portrait robot imaginaire battait de plus en plus de l’aile.
Tu t’es avancé pour me dire bonjour en te présentant : « P. »
J’ai dû répondre un truc comme : « Bonjour, moi c’est E. »
Passons.
Tu m’as conduis chez toi. Une petite maison perdue dans les collines du bocage. Une maison isolée de tout, un coin tranquille dont seuls les bêlements des moutons et le gloussement des oies perturbaient le silence. Le cadre était parfait pour qui cherchait la tranquillité. J’ai eu peur de m’ennuyer autour de cette verdure, moi qui était tant habituée au bitume. J’avais tort, et je le comprendrais plus tard.
Tu as laissé ma valise dans la chambre d’amis avant d’aussitôt insister pour me montrer ton jardin et les alentours. Je t’ai suivi. J’ai compris que le bonheur se trouve n’importe où…même dans des plantations.
J’ai commencé à hocher la tête quand tu me désignais telle ou telle plante. J’étais estomaquée que tu saches autant de choses. Que tu sois tout simplement si intéressé, passionné et cultivé. Pour tout dire, tu étais incontestablement attirant.
Mais.
Mon portrait robot était définitivement faux. Tu étais de stature moyenne, blond et intéressant.
Et puis, tu as peut-être jugé que je devais être fatiguée. Je ne l’étais pas. Mais tu étais prévenant. Et donc touchant. Tu m’as proposé une de tes infusions maisons. C’était délicieux. Comme toi.
Mais.
Il y a eu quelques regards écourtés. Moi en tout cas. Parce que, je savais.
Je me suis surprise à faire les mêmes gestes que toi, avant de me corriger et veiller à ne pas t’imiter inconsciemment. Dur de lutter comme ça continuellement pour ne pas laisser paraître. Parce que c’était tout simplement impossible. Impossible et interdit. C’est tout. Je le savais, mais pourtant…c’était dur. J’aurais préféré que tu sois un petit (ou grand) moche, inintéressant voire gnangnan.
Par-dessus ça tu savais me faire sourire et rire avec ton humour.
En fait, à tes côtés j’étais tout simplement bien. Je ne pensais plus à rien, si ce n’est toi et ta présence. J’étais perdue dans tout ce vert. Mais heureuse d’être perdue. Heureuse d’être ici et avec toi. De sentir qu’il pouvait exister des gens comme toi. De voir autre chose. De te parler et surtout t’écouter. Ta voix qui aurait pu m’endormir si…
Mais.
Pourtant je ne peux en vouloir à notre lien, parce que c’est ce qui a fait nous rencontrer. Mais, c’est ce même lien qui m’empêche d’espérer pouvoir aller plus loin.
Il y aura toujours ce « Mais » entre toi et moi. Toujours.
« Reste tel que tu es… s’il-te-plaît. Ne m’oublie pas.»
“[...] je deviens un casse-tête
Ton rire me crie, de te lâcher
Avant de perdre prise [...]“
“C’en est assez de ces dédoublements
C’est plus dure à faire, qu’autrement
Car sans rire c’est plus facile de rêver
A ce qu’on ne pourra, jamais plus toucher“
“et on marche ensemble, d’un pas décidé
Alors que nos têtes nous crient de tout arrêter“
extracts from Coeur de pirates “Comme des enfants”
“J’y crois pas”
Comment dire, raconter? … Mais mes mots n’arriveront pas à décrire…
Sentir son cœur battre si fort dans sa poitrine. Tourner les clés de la voiture. Enclencher la marche arrière. “J’ai peur”.
Feu rouge. “Putain, je pouvais pas l’avoir vert celui là!”.
Petit tracteur vert avec son autocollant “25km/h”. “Non mais c’est pas vrai, ils sont tous de sortie aujourd’hui.“
Clignotant. Petite accélération. Feu rouge. “Encore!”…
Le bâtiment en vue. Nouvelle accélération du cœur. Mal au ventre, mal au cœur. Trembler. “C’est normal de trembler autant?”.
Marche avant pour se garer, c’est plus simple. Toute manière j’aurais été incapable de me garer en bataille en marche arrière. Trop de tremblements.
Couper le contact. “et moi, on me coupera la tête?”. Sortir. Portable glissé dans le jean. Marcher. Mettre un pied devant l’autre. “Putain, j’ai peur.”
Un pied après l’autre. “Y’a beaucoup trop de monde“. Des sourires et des larmes. “Putain et moi?”.
La main dans les cheveux. Se la jouer détachée. Alors que pas du tout. Plus j’approche, plus j’ai l’impression que mon coeur va exploser.
“Liste par mérite”. Ok, ça commence bien…seulement les pris d’afficher.
Mes yeux survolent en partant du bas … “rien…putain rien”. L’inquiétude augmente. Le stress, l’angoisse, la peur du vide. Et là…
Et là….
Et là ! ! ! ! !
Main sur les lèvres (pour ne pas crier, pour ne pas pleurer). Et un truc bizarre qui se met à danser comme un dingue dans ma poitrine. “J’y crois pas”. Ceux là je les ai dit tout haut. J’ai vérifié. Bien. Très bien. J’me suis éloignée. Heureuse, libre…et émue. J’ai senti les larmes. De joie. Libre!!. Premier appel. Là j’ai pleuré un peu. C’était trop beau.
Envie d’embrasser tout le monde…. (euh…à vérifier quand même…).
Roumba! La vie est belle ! Roumba ! Finis les mauvais rêves…
Et le coeur, toujours à trois cents à l’heure… mais à trois cents à l’heure de bonheur….
Le bout du tunnel.

“Accessoirement” – (ou le dessus de lit aux louis d’or)
Adeline, appuyée contre un pommier, lisait paisiblement à l’ombre du soleil brûlant de juillet. Au loin, elle entendait le bruit des hommes moissonnant. Soudain, les sirènes de la ville lointaine de quelques kilomètres résonnèrent et se perpétuèrent en échos. Des bombardiers. Des bombardiers allemands allaient venir.
-Adeline, où sont tes frères ? Demanda son père en sortant d’une étable.
-Aux champs, Papa. Au Pont Levain je crois.
-Bon dieu ! Je n’ai pas le temps ! Gonfle les pneus de la voiture…j’dois aller chercher ta mère à l’hôpital…ils vont tout bombarder…
Adeline courut jusqu’à la voiture et installa la pompe du mieux qu’elle put. Tout en faisant ceci, elle se mit plein de cambouis sur les mains, mais peut importait. Il fallait aller chercher sa mère et l’enfant qui devait naître aujourd’hui.
-Allez ! Pompe plus vite ! Hurla son père alors qu’elle en était à la deuxième roue.
Il prit une autre pompe et gonfla une troisième roue. Adeline s’occupa ensuite de la quatrième alors que son père s’installer déjà au volant, prêt à partir. Et il disparut dans un nuage de poussière sur le chemin de terre.
Adeline resta debout, ses longs cheveux aux reflets blonds dans les vents, les mains noires qu’elle tenta d’essuyer un peu contre sa robe bleue et blanche. Elle attendit à peine cinq minutes avant que les fracas des bombes retentissent. Des bruits assourdissants, et les vibrations du sol comme le cri déchirant d’un être meurtri.
Alors, revenant à la réalité, elle courut jusqu’à la tranchée creusée tout près du pommier. Elle y entra et tomba à genou sur le sol, se bouchant les oreilles des mains. Elle détestait tous ces bruits…et aussi parce que sous les bombes il y avait ses parents.
-Adeline ? fit une voix.
Dans la pénombre du boyau de terre, elle reconnut Louis son voisin de dix-sept ans, né la même année qu’elle. Et accessoirement son bien-aimé. Enfin, elle disait « accessoirement », mais il n’en était rien. C’était juste parce qu’elle aimait le taquiner là-dessus.
Il se précipita sur elle et l’entoura de ses bras.
-J’ai vu ton père sur la grande route avec sa voiture…alors j’ai couru aussitôt jusqu’ici.
Il la serra fort contre lui, plaquant même ses propres mains sur celles d’Adeline afin de la protéger encore plus du bruit.
-Bientôt la libération, il faut être patient, dit-il. Bientôt. Pour le moment, les allemands se vengent ici du débarquement.
-Mes parents sont là-bas et je ne veux pas…
-Non, ne pense pas comme ça. Pense à autre chose.
-A quoi veux-tu que…
Mais il la fit taire en posant son index devant les lèvres d’Adeline. Et lentement, ils se donnèrent l’un à l’autre.
*
* *
Lorsque les bruits à l’extérieur cessèrent, Adeline était blottie contre Louis. Et quand ils ressortirent, ils contemplèrent, du haut de la colline où ils étaient, le désastre. La ville semblait détruite. Non, en fait, il n’y avait plus de ville, mais un champ de ruines.
Adeline essaya d’ouvrir grand les yeux pour éviter aux gouttes d’eau de venir. Et puis, sans prévenir, elle partit en courant.
-Adeline ! Cria Louis. Adeline !
Mais voyant qu’elle ne s’arrêtait pas, il se lança à sa poursuite et lorsqu’il la rattrapa, la força à s’arrêter.
-Non, tu ne devrais pas aller là-bas.
-Je dois savoir ! Mes parents sont là-bas !
-Les avions peuvent revenir d’un moment à l’autre.
-Pourquoi veux-tu qu’ils reviennent ? Tout est détruit ! Vois-tu un seul bâtiment encore debout ?
-Adeline…
Mais il céda devant le regard suppliant de la jeune fille.
Alors, ils entrèrent dans la ville. Les habitants avaient-ils eu le temps de se mettre à l’abri dans les souterrains ? Une horreur sans nom défila devant leurs yeux…lambeaux funèbres, débris de vies…le tout noyé dans un gigantesque nuage de poussière retombant peu à peu. Et jamais Adeline ne sut que ses parents avaient voulu nommer sa petite sœur Victoire puisqu’elle ne retrouva que trois corps sans vie dont un tout petit, agrippé à sa mère, né aux hurlements des sirènes.
—
(C’était en fait un garçon. Il avait près de dix-huit ans. Ses parents ont survécu. Mais les bombes, l’hôpital, la pompe, la mère enceinte, les allemands…ont réellement existé.)
octobre 15, 2009
août 28, 2009